Un village dans la région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004.
La place centrale de Torjok, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004.
Isba - village de Koultouk - lac Baïkal - Photo : Elena Jourdan
Entre Moscou et l'Oural, vue du train. Photo Philippe Comte, été 2004.
Paysage de Khakassie - Photo : Elena Jourdan
Le cours du Ienissï, dans les monts Sayans - Photo : Elena Jourdan
La source de la Volga, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004.
Lac Baïkal - île d'Olkhon - Photo : Elena Jourdan
Isba - Krasnoïarsk - Photo : Elena Jourdan
Le monastère de Torjok, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004.
Le lac Seliguer, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004.
Près d'Ekatérinbourg, le mémorial à la famille impériale. Photo Elena Jourdan
La Moscova à Moscou, monument à Pierre le Grand de Tsérétéli. Photo Philippe Comte, été 2004.
Lac Baïkal : lieu chamanique sur l'île d'Olkhon - Photo : Elena Jourdan
Une église dans la région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004.
La tombe de Chaliapine - Cimetière du monastère Novodevitchi, Moscou - Photo : Elena Jourdan
Un lac dans les Sayans - Photo : Elena Jourdan
Krasnoïarsk - Parc naturel "Stolby" - Photo : Elena Jourdan
Isba restaurée - Irkoutsk - Photo : Elena Jourdan
Irkoutsk - Photo : Elena Jourdan
Paysage typique - Sibérie- Photo : Elena Jourdan
Isba - Irkoutsk - Photo : Elena Jourdan

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La Lettre du Président de l’AFR (Bulletin n°46, février 2009)

mercredi 29 avril 2009, par Elena Jourdan


Chers Adhérents,

Cet hiver 2008/2009 est riche en événements pour la communauté des russisants.

Il a commencé par le Congrès de l’AFR les 14-16 novembre 2008 à Rennes, colloque et AG, le tout remarquablement organisé par Cécile Vaissié et son équipe. Qu’ils en soient ici chaleureusement remerciés. Un thème porteur – la diversité russe, un programme riche et dense, de passionnants exposés, la présence insigne de grandes figures de la contestation anti-communiste des années 1965-1991 (Sergueï Kovalev, Natalia Gorbanevskaïa, Alexandre Podrabinek) et de l’opposition aujourd’hui (les mêmes et la journaliste Zoïa Svetova), quelques bons repas, une fort chaleureuse réception à la mairie de Rennes : tous les ingrédients de la réussite étaient là et elle était au rendez-vous. Elle a été saluée par le nouveau Comité unanime, réuni le 17 janvier à Paris.

Certains ont noté l’orientation trop critique du colloque : ils ont sans doute oublié que notre précédent colloque, organisé avec la SOFARUS à Paris en novembre 2006, avait été, disons, beaucoup plus « légitimiste » : ainsi, sur la courte durée, deux ans, l’AFR reste-t-elle fidèle à son principe de neutralité et de contribution objective, équilibrée à la connaissance, précisément, de la diversité du monde russe...Et puis, soyons clairs : donner la parole, dans des colloques universitaires co-signés par l’AFR tantôt à un représentant de l’ambassade de Russie, tantôt à une grande figure de l’opposition, ne signifie pas que l’AFR reprend à son compte le discours de l’une ou de l’autre. L’actualité politique en Russie ne cesse de nous interpeller, de faire naître en chacun d’entre nous des réactions fortes, passionnées, où le coeur a légitimement sa place ; cependant, dans notre pays, la palette de partis, mouvements, collectifs est suffisamment large pour que ces dernières y trouvent une expression collective. Même si cela n’est pas toujours facile, y compris pour son président, l’AFR doit préserver sa neutralité, conserver intact un terrain d’entente minimal entre ses adhérents. Laisser parler en son sein les engagements divergents du coeur et de la raison de ses membres ferait à terme de notre association, j’en suis convaincu, l’arène poudreuse et sanglante de joutes et pugilats stériles et entraînerait inévitablement son naufrage, au gré des vents contradictoires qui soufflent depuis les steppes de l’Est ! Pas plus que la SPR n’avait été, sauf erreur de ma part, pro ou anti-soviétique, l’AFR ne doit être aujourd’hui pro-ou anti-poutinienne, « douguinienne » ou « khodorkovskienne », ou que sais-je encore ! Et si elle devait rompre avec cette tradition de neutralité, inscrite en creux dans ses Statuts, cela ne pourrait se faire que sur vote de l’assemblée générale souveraine.

L’Assemblée générale de notre association, réunie à Rennes le dimanche 16 novembre 2008 au matin, a élu un nouveau Comité, composé de 22 membres. Trois anciens membres n’ont pas renouvelé leur candidature : Irina Baskine, Gérard Abensour, participants fidèles et actifs depuis de longues années, et Marie-Christine Fourcy. Le nouveau Comité s’étoffe de plusieurs nouveaux membres : Colette Berek, professeur certifié de russe détachée à l’université de Pau et du Haut Adour, Tatiana Dehaye, enseignante de russe à l’université de Caen, Armelle Groppo, maître de conférences de russe à l’université Paris X Nanterre, Cécile Vaissié, professeur des universités à l’université de Haute-Bretagne Rennes II. Bienvenue Mesdames, votre dynamisme et vos compétences ne seront pas de trop !

Le Comité s’est réuni le samedi 17 janvier à Paris, à l’Institut d’études slaves, siège de l’Association :

1/ Il a commencé ses travaux par l’élection du nouveau Bureau. Quelques changements sont à noter :

• Hélène Mélat, à Moscou pour deux années universitaires, continuera de suivre attentivement nos activités et de nous soutenir mais elle a accepté, sur ma proposition, de laisser la responsabilité de la vice-présidence à Armelle Groppo, qui vient de rentrer de Moscou après quatre années à l’ambassade de France en qualité de conseiller culturel adjoint. Armelle Groppo, que je remercie d’avoir accepté mon invite à rejoindre notre équipe, a proposé, forte de son expérience, de s’occuper tout particulièrement de la mise en relation des universités françaises et des universités russes et de faire de l’Association la plaque tournante des informations concernant les offres de stages pour les 50 établissements supérieurs français et russes qui ont mis en place une bi-diplômation.

• Jean Bressolette n’a pu être remplacé à la Trésorerie, faute de candidat. Il a gentiment accepté d’assurer la passation de la Trésorerie jusqu’à la prochaine assemblée générale, qui aura lieu en novembre 2009. Je le remercie chaleureusement pour sa grande patience.

• Bernard Birkan a accepté lui-aussi de prolonger son mandat de responsable du Bulletin d’un an, à charge pour nous tous de lui trouver un remplaçant en novembre 2009. Cécile Vaissié a fait savoir qu’elle pourrait être intéressée.

• Marie-Hélène Farin s’occupera entièrement des Olympiades, y compris de la gestion de son budget, raison pour laquelle elle prend la fonction de Trésorière adjointe.

• Une nouvelle fonction est créée, celle de Webmestre : elle revenait de droit à Elena Jourdan, qui consacre beaucoup de temps et d’énergie à la gestion et à l’enrichissement de notre site internet.

• La « vice-présidence pour les membres non-enseignants » n’a pu être pourvue, faute de non-enseignants au sein du Comité.

• La fonction de secrétaire général adjoint a été supprimée, ne correspondant plus à aucune utilité.
Le Bureau est donc composé d’une équipe resserrée de 10 membres, dont vous trouverez la liste à la suite de cette lettre.

2/ Le Comité, sur le rapport de Bernard Birkan et Marie-Hélène Farin, présents avec une petite équipe à Expolangues, où l’AFR avait un petit espace au sein du stand du Centre Culturel de Russie (où cette année aucune université russe ni la MAPRIAL n’étaient présentes), considère qu’à l’avenir la présence de l’AFR à Expolangues ne se justifie plus et qu’il est plus judicieux de consacrer nos maigres forces à d’autres salons et expositions, plus prometteurs pour nous, comme « L’Etudiant » et « L’Education ».

3/ Le Comité s’est ensuite saisi de plusieurs dossiers importants :

• Le premier d’entre eux est la réforme du CAPES externe. Le 12 décembre 2008, j’ai participé avec notre Secrétaire générale, Hélène Méar, à une réunion convoquée par l’APLV, des responsables des associations de professeurs et enseignants-chercheurs de langues et sociétés savantes, dans le dessein d’élaborer une position commune sur la réforme du CAPES externe. Vous trouverez dans ces pages le texte de la lettre que toutes les associations ont signée et qui est adressée aux ministres M. Darcos et Mme Pécresse le jeudi 5 février 2009.
Refusant de reprendre à son compte la formulation du texte initial de la lettre commune, soit « l’idée de remplacer les programmes très spécialisés en littérature et civilisation par une orientation dans le sens d’une « culture générale disciplinaire » plus en accord avec les exigences de l’enseignement secondaire, à condition de ne pas limiter cette « culture » aux seuls programmes de collège et de lycée », le Comité s’est prononcé pour le maintien de « programmes très spécialisés en littérature et civilisation », programmes auxquels les candidats se prépareraient dans les universités en suivant des cours de haut niveau.
L’objection que je formulais du risque d’avoir à étudier des auteurs "illustres inconnus" sans aucun rapport avec la pratique pédagogique réelle des enseignants devant leur classe a été écartée par la majorité des membres du Comité, au profit d’ un contre-argument qui n’est pas sans valeur, à savoir que suivre un cours de préparation à une épreuve sur un « illustre inconnu » ou une question de civilisation étroitement spécialisée représente pour le futur enseignant une "respiration", une ouverture sur une oeuvre et des thèmes qu’il n’aura sans doute plus l’occasion d’aborder dans sa vie professionnelle et, qui sait, peut resurgir un jour en lui, inspirer une oeuvre créatrice, le désir de faire une recherche approfondie, ou tout autre bifurcation professionnelle "vers le haut" (détachement en faculté à titre de PRAG ou PRCE par exemple).
Dans cet esprit, le passage à une "culture générale disciplinaire" a été analysé par la majorité des membres comme un risque de baisse de niveau de la formation de l’enseignant et de cantonnement ad vitam aeternam de l’enseignant dans une bouillie de niveau moyen. A contrario, la formation spécialisée de haut niveau, telle qu’elle l’était, fournissait à chacun un socle solide, sur lequel il pouvait ensuite prendre appui pour "rebondir". Elena Jourdan, qui plaidait en faveur d’une formation adaptée aux conditions réelles d’enseignement dans les collèges et lycées, donc aux programmes de ces deux niveaux, n’a pas plus été suivie que ma position initiale lors de la réunion du 12 décembre. Le Comité a été majoritairement sensible à l’argument avancé par Cécile Vaissié : la crainte que cette adaptation aux programmes n’entraîne par ricochet une baisse de niveau de l’enseignement dans le Supérieur, baisse qui a son tour servirait d’argument au MESR pour réduire les enseignements de russe dans le Supérieur.
Par ailleurs, le Comité a fait valoir combien il était important que le stage pratique soit rémunéré, revendication que l’on retrouve dans le texte commun définitif des différentes associations.
Dans le cadre de l’échange de courriels pour élaborer la lettre commune aux ministres, j’ai donc transmis la position du Comité aux représentants des autres associations,. Cependant, notre approche n’a pas recueilli leur assentiment. J’ai donc dû céder sur cet unique point (préparation adaptée aux programmes des collèges et lycées) pour que la lettre soit signée par toutes les associations.

• La pétition pour le rétablissement de l’Agrégation de russe, que j’avais rédigée et qui avait été légèrement modifiée par plusieurs membres du Bureau, est approuvée par le Comité. Elle a été mise en ligne dans notre site, par les soins d’Elena Jourdan et avec l’aide de Johan Pustoch, le lundi 26 janvier en fin de matinée. A l’heure où j’écris ces lignes, mercredi 4 février, donc en dix jours, elle a recueilli 650 signatures . N’oubliez pas de la signer et de la faire signer autour de vous (et de proposer l’adhésion) !

• Faute de temps, la réforme de la formation des enseignants du Second degré, dite « mastérisation » et le projet du décret portant modification du statut des enseignants-chercheurs ne sont pas abordés. Sur cette dernière question, un rapide sondage que j’ai effectué auprès de quelques enseignants-chercheurs membres de notre association montre que les positions des uns et des autres sont radicalement différentes. Sous réserve d’une discussion plus approfondie au sein du Bureau, il est donc peu probable que nous parvenions à définir une position consensuelle de l’AFR. A suivre.

• La question de l’orientation de LA REVUE RUSSE est en revanche longuement abordée : après un débat approfondi, le Comité se prononce contre une éventuelle orientation « grand public » et décide de consentir les efforts et prendre les mesures qui s’imposent pour faire de notre revue une véritable revue de recherches, adaptée aux nouvelles normes (comité de lecture international, etc). Le Comité recommande donc vivement au Comité de rédaction de la revue et son rédacteur en chef, Véronique Jobert, de s’orienter dans cette voie. Je propose de faire évoluer parallèlement le Bulletin de l’AFR vers un mixte de bulletin interne et de tribune libre, à vocation plus large, « grand public ».

• Elena Jourdan formule différentes propositions susceptibles d’enrichir notre site internet (liste des universités où l’on enseigne le russe, librairies vendant des livres russes, liste des cours de russe, forum des jeunes qui ont travaillé en Russie), et propose de réorganiser ses différentes rubriques pour mieux tenir compte des deux mois d’expérience depuis l’ouverture (7 novembre 2008). Je renouvelle à ce propos notre appel à contribution : Elena Jourdan recherche des personnes qui pourraient faire des recherches et/ou rédiger des articles de synthèse sur les sujets suivants : établir la liste des universités avec le russe non encore répertoriées sur le site ; rédiger un article sur la double diplômation à partir du site de l’ambassade indiqué par Armelle Groppo ; contacter les associations adhérentes de l’AFR afin de les présenter sur le site sous forme d’article ou interview. Par ailleurs, rappelons que nous avons mis en place un partenariat avec le site inter-académique de russe (sitac-russe.fr) concernant les actualités culturelles.
Chers Adhérents ! Pour la première fois, grâce aux technologies de l’information et à nos efforts depuis des mois, notre Association dispose d’un instrument dont l’actualisation, l’enrichissement permanents dépendent directement de chacun de ses membres ! Ne le laissez pas dépérir ! C’est un formidable lieu de rencontre, d’échanges, susceptible de renforcer les liens entre nous : grâce à lui on se sent moins seul dans le pot-au-noir que traverse le russe aujourd’hui !

• Les cotisations : nous allons voir s’il est juridiquement possible de délivrer à nos adhérents un formulaire CERFA pour qu’ils puissent obtenir une réduction d’impôts en déclarant leur cotisation annuelle. Mais il semble que pour cela l’AFR doive être déclarée « d’utilité publique »...

• Les statuts de l’AFR ont besoin d’être sérieusement rafraîchis : je propose de préparer une nouvelle rédaction, qui après approbation du Comité, sera soumise au vote de l’AG de novembre prochain.

• La plaquette à destination des élèves et parents des collèges et lycées ((5ème et 3ème) est en cours d’achèvement sous la houlette de Sylvette Soulié et Marie-France Wenzel. Elle sera imprimée d’ici à la fin du mois de février et vous pourrez la commander auprès de Sylvette Soulié dès le début du mois de mars.

Je vous quitte en vous réaffirmant que nous faisons, au Bureau et au Comité, de notre mieux pour défendre les positions du russe et soutenir les uns et les autres dans la tempête en cours. A en juger par le large succès de la pétition pour le rétablissement de l’agrégation, bien au-delà de notre milieu de russisants, nous ne sommes pas seuls.

Offrir à de jeunes Français le plaisir – au choix ou ensemble - de lire dans l’original un poème de Pouchkine ou Tioutchev, une nouvelle de Tolstoï et/ou d’être le patron français d’une boulangerie-pâtisserie française à Samara, cela vaut bien quelques efforts !

Votre président, réélu pour un troisième mandat le 17 janvier 2009, ne ménagera pas les siens, même si quelquefois il doit avouer qu’il se sent quelque peu submergé, voire dépecé par ses différentes tâches (celle-ci n’étant pas d’ailleurs la plus gratifiante en termes de reconnaissance au sein de l’université, mais passons...). Seule consolation, mais de taille : il a la chance d’avoir une équipe – le Bureau – dynamique et fort sympathique, quoique tout aussi débordée !

Paris, jeudi 5 février 2009

Philippe Comte

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Lettre du Président (février 2009)


Isba - Irkoutsk - Photo : Elena Jourdan


Éditeur du site : Association Française des Russisants
Directeur de publication : Armelle Groppo, Présidente de l'AFR
Webmestre : Sylvette Soulié