Lors du concours de lutte traditionnelle "hourej", dans la République de Touva - Photo : Elena Jourdan Un lac dans les Sayans - Photo : Elena Jourdan Isba - Krasnoïarsk - Photo : Elena Jourdan Un village dans la région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. Isba restaurée - Irkoutsk - Photo : Elena Jourdan Le lac Seliguer, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. Isba - Irkoutsk - Photo : Elena Jourdan Lac Baïkal - île d'Olkhon - Photo : Elena Jourdan Paysage typique - Sibérie- Photo : Elena Jourdan La source de la Volga, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. Lac Baïkal : lieu chamanique sur l'île d'Olkhon - Photo : Elena Jourdan
Krasnoïarsk - Parc naturel "Stolby" - Photo : Elena Jourdan Paysage de Khakassie - Photo : Elena Jourdan "Na prestole" (fresque) - Exposition au monastère Novodevitchi, Moscou - Photo : Elena Jourdan La tombe de Chaliapine - Cimetière du monastère Novodevitchi, Moscou - Photo : Elena Jourdan Le monastère de Torjok, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. La place centrale de Torjok, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. La Moscova et la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou, depuis le parc Gorki. Photo Philippe Comte, été 2004. Irkoutsk - Photo : Elena Jourdan "Entrée dans Jérusalem" (fresque) - Exposition au monastère Novodevitchi, Moscou - Photo : Elena Jourdan Isba - village de Koultouk - lac Baïkal - Photo : Elena Jourdan Entre Moscou et l'Oural, vue du train. Photo Philippe Comte, été 2004.

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Témoignage de Bénédicte Martin-Guerreiro

samedi 15 décembre 2018, par Sylvette Soulié


Au lycée, j’ai commencé à apprendre le russe comme « seconde langue vivante » en classe de quatrième. Sous de puissantes injonctions, bientôt j’excellai à écrire en russe, réciter des phrases et des poèmes par cœur ; je me réjouissais à l’approche des examens. Mon professeur, Ludmila Lebrun, passionnée et passionnante, était pour beaucoup dans cet entrain. Finalement, aux épreuves du baccalauréat, j’ai choisi de présenter le russe comme langue vivante 1. Bien m’en a pris. Je dois à ce choix mon succès à cet examen.
Ludmila Valerievna nous assurait que le russe était une langue d’avenir bien qu’un « rideau de fer » nous séparât alors des pays où elle était parlée.
J’ai étudié le russe en tant que spécialiste à l’Université de Haute-Bretagne à Rennes jusqu’à la maîtrise. Une bourse du Ministère des Affaires Etrangères m’a permis d’étudier six mois à l’Université de Leningrad/Saint-Petersbourg dans les bâtiments aujourd’hui rénovés qui longent la Néva, quai « de l’Université ».
L’expérience de l’Union soviétique éveillait la vivace curiosité des employeurs que je sollicitai tant bien que mal à mon retour d’expatriation. Aussi ai-je repris des études (à l’Institut National des Techniques de la Documentation/Conservatoire National des Arts et Métiers) qui m’ont conduite, par les hasards de l’offre d’emplois, vers le monde de l’entreprise !
Si la connaissance de la langue russe ne m’a pas été demandée à l’Association pour le développement du marketing – où, en soutien à mes fonctions de documentaliste, j’ai complété mes « humanités » originelles d’une formation au management et aux études économiques, elle m’a permis d’assumer des fonctions d’information étendues au sein de la Chambre de Commerce Franco-Russe, dans les années quatre-vingt-dix.
D’abord Rédactrice-en-chef de Commerce & Coopération, j’ai ensuite créé Carrefours France-Russie, une revue mensuelle d’une cinquantaine de pages destinée à informer les entreprises françaises exportatrices en Russie. Les interviews, les enquêtes, les échantillons d’études de marché m’ont permis des allers et retours en Russie ; de belles occasions se sont présentées de sillonner le pays dans une liberté que je n’avais pas avant la « perestroïka ».
Cette Chambre de Commerce Franco-Russe, qui avait son siège parisien avenue Franklin Roosevelt, a cessé d’exister à la fin des années quatre-vingt-dix.
La providence m’a fait trouver place à la Bibliothèque du Musée de l’Homme, au sein du Muséum National d’Histoire Naturelle. Un poste de conservateur était vacant depuis plusieurs années, faute de trouver un candidat en mesure d’assurer l’enrichissement, le signalement, la conservation des collections d’ethnologie en langues slaves. J’ai été recrutée !
Ainsi, l’étude du russe m’a servie mais dans un parcours plein d’imprévus. J’ai appris avec application cette langue ; en Moldavie soviétique, elle n’était pas la langue préférée de la population. J’ai aimé la littérature, Dostoïevski… mais aussi Tchekhov, Blok… ont nourri mon adolescence et mes premières années à l’Université ; l’import-export et l’économie de marché s’en aménageaient-ils de bon gré ?!

Au sein de la Société des études euro-asiatiques (www.s-e-e-a.fr), société savante dont je suis depuis l’année 2005, le dialogue avec les cultures russe, slaves, est-européennes me permet sans doute ainsi qu’à ses membres de cultiver des termes bons, courtois. Il faut savoir rester curieux des développements que connaissent les échanges au sein de ce monde culturel, réservoir d’intelligence, de créativité, d’imagination.

Le 18 novembre 2018
Bénédicte Martin-Guerreiro



Un village dans la région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004.


Éditeur du site : Association Française des Russisants
Directeur de publication : Armelle Groppo, Présidente de l'AFR
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