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Krasnoïarsk - Parc naturel "Stolby" - Photo : Elena Jourdan La Moscova et la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou, depuis le parc Gorki. Photo Philippe Comte, été 2004. Paysage de Khakassie - Photo : Elena Jourdan Le lac Seliguer, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. "Na prestole" (fresque) - Exposition au monastère Novodevitchi, Moscou - Photo : Elena Jourdan La tombe de Chaliapine - Cimetière du monastère Novodevitchi, Moscou - Photo : Elena Jourdan La source de la Volga, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. Paysage typique - Sibérie- Photo : Elena Jourdan Lac Baïkal : lieu chamanique sur l'île d'Olkhon - Photo : Elena Jourdan Isba - village de Koultouk - lac Baïkal - Photo : Elena Jourdan La Moscova à Moscou, monument à Pierre le Grand de Tsérétéli. Photo Philippe Comte, été 2004.

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Témoignage de Bénédicte Martin-Guerreiro

samedi 7 décembre 2019, par Sylvette Soulié


Au lycée, j’ai commencé à apprendre le russe comme « seconde langue vivante » en classe de quatrième, sous de puissantes injonctions. Bientôt j’excellai à écrire en russe, réciter des phrases et des poèmes par cœur ; je me réjouissais à l’approche des examens. Mon professeur, Ludmila Lebrun, passionnée et passionnante, était pour beaucoup dans cet entrain. Finalement, aux épreuves du baccalauréat, j’ai choisi de présenter le russe comme langue vivante 1. Je dois probablement à ce choix mon succès à cet examen.

Ludmila Valerievna nous assurait que le russe était une langue d’avenir bien qu’un « rideau de fer » nous séparât alors des pays où elle était parlée.
J’ai étudié le russe en tant que spécialiste à l’Université de Haute-Bretagne, à Rennes, jusqu’à la maîtrise. Une bourse du Ministère des Affaires Etrangères m’a permis d’étudier six mois à l’Université de Leningrad/Saint-Petersbourg dans les bâtiments depuis rénovés qui longent la Néva, quai « de l’Université ».

Un an plus tard, détachée dans l’ex-République Socialiste Soviétique de Moldavie, je suis partie enseigner le français à des étudiants soviétiques bilingues – roumanophones et russophones – qui témoignaient d’une grande facilité dans l’apprentissage de notre langue, d’une immense appétence pour la culture française.

L’expérience de l’Union soviétique était capable d’intriguer la curiosité des employeurs que je sollicitai aussi bien que mal à mon retour d’expatriation. Aussi ai-je repris des études (à l’Institut National des Techniques de la Documentation/Conservatoire National des Arts et Métiers) qui m’ont conduite vers le monde de l’entreprise ! C’est ainsi.

Si la connaissance de la langue russe ne m’a pas été demandée à l’Association pour le Développement des Études de Marché – où, en soutien à mes fonctions de documentaliste, j’ai enrichi mon bagage de compétences d’une formation en management et science économique –, elle m’a permis d’assumer des fonctions d’information extensibles au sein de la Chambre de Commerce Franco-Soviétique devenue Chambre de Commerce Franco-Russe dans les années quatre-vingt-dix. J’y fus Rédactrice-en-chef, d’abord de "Commerce & Coopération", puis de "Carrefours France-Russie", une revue mensuelle d’une cinquantaine de pages destinée à informer les entreprises françaises exportatrices en Russie. Douze numéros en sont parus grâce à mes plumes… La Chambre de Commerce avait un siège parisien avenue Franklin Roosevelt, occasionnellement déménagé.

Dans la suite, la providence m’a fait trouver place à la Bibliothèque du Musée de l’Homme, au sein du Muséum National d’Histoire Naturelle. Un poste de conservateur était vacant depuis plusieurs années, faute de trouver un candidat en mesure d’assurer l’enrichissement, le signalement, la conservation des collections d’ethnologie en langues slaves. N’est-ce pas étonnant ?

Ainsi, l’étude du russe m’a servie mais dans un parcours plein d’imprévus. J’ai appris avec application cette langue ; en Moldavie soviétique, elle n’était pas la langue préférée de la population ; j’ai goûté la littérature, Dostoïevski plus que Tolstoï (!!!) et aussi Tourguéniev, Blok… ont nourri mon adolescence et mes premières années à l’Université ; la sphère de l’information économique et commerciale s’en accommodait-elle de bon gré ?!!

Au sein de la Société des études euro-asiatiques, société savante et association reconnue d’utilité publique dont je suis depuis l’année 2005, le dialogue avec les cultures russe, slaves, est-européennes… me permet ainsi qu’à ses membres de cultiver les bons termes. Il faut savoir rester curieux des développements étonnants que connaissent les échanges au sein de ce monde culturel, réservoir d’intelligence, de créativité, d’imagination.

Le 6 décembre 2019
Bénédicte Martin-Guerreiro



Près d'Ekatérinbourg, le mémorial à la famille impériale. Photo Elena (...)


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