La tombe de Chaliapine - Cimetière du monastère Novodevitchi, Moscou - Photo : Elena Jourdan Isba - Irkoutsk - Photo : Elena Jourdan Un lac dans les Sayans - Photo : Elena Jourdan Le monastère de Torjok, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. Près d'Ekatérinbourg, le mémorial à la famille impériale. Photo Elena Jourdan Isba - Krasnoïarsk - Photo : Elena Jourdan Krasnoïarsk - Parc naturel "Stolby" - Photo : Elena Jourdan La source de la Volga, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. "Entrée dans Jérusalem" (fresque) - Exposition au monastère Novodevitchi, Moscou - Photo : Elena Jourdan Irkoutsk - Photo : Elena Jourdan Isba restaurée - Irkoutsk - Photo : Elena Jourdan
"Na prestole" (fresque) - Exposition au monastère Novodevitchi, Moscou - Photo : Elena Jourdan Isba - village de Koultouk - lac Baïkal - Photo : Elena Jourdan Lac Baïkal : lieu chamanique sur l'île d'Olkhon - Photo : Elena Jourdan Le lac Seliguer, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. Le cours du Ienissï, dans les monts Sayans - Photo : Elena Jourdan Lac Baïkal - île d'Olkhon - Photo : Elena Jourdan Lors du concours de lutte traditionnelle "hourej", dans la République de Touva - Photo : Elena Jourdan La place centrale de Torjok, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. La Moscova et la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou, depuis le parc Gorki. Photo Philippe Comte, été 2004. La Moscova à Moscou, monument à Pierre le Grand de Tsérétéli. Photo Philippe Comte, été 2004. Un village dans la région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004.

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Sixièmes Doctoriales de l’AFR : « La Russie de A à Z : listes, classements, inventaires, autres catalogues et dictionnaires »

mercredi 11 août 2021, par Sylvette Soulié


Appel à communications :

« La Russie de A à Z : listes, classements, inventaires, autres catalogues et dictionnaires »

Ces sixièmes Doctoriales en Etudes russes se tiendront à l’université de Poitiers les jeudi 2 et vendredi 3 juin 2022 MSHS, salle des conférences.

Organisées tour à tour par différentes universités, les Doctoriales en études russes, créées en 2010 à l’initiative de l’Association Française des Russisants (AFR) et soutenues par elle, ont vocation à rassembler autour d’un thème large doctorant.e.s et jeunes chercheur.e.s en études russes, issus de tous les établissements universitaires francophones. Elles ont pour objectif de leur permettre d’élargir le champ de leur réflexion et, également, de se faire connaître, de se rencontrer et de développer leur réseau au sein de la communauté. Peuvent y participer tous les doctorant.e.s, y compris les moins avancé.e.s, à qui elles offrent une première occasion d’intervenir publiquement. Les communications de chercheur.e.s post-doctorant.e.s ayant soutenu leur thèse il y a moins de quatre ans sont également les bienvenues pour cette édition. Les actes des Doctoriales seront publiés dans un numéro de la Revue russe.

Pour les doctoriales de cette année, nous proposons de réunir notre réflexion autour de la thématique suivante : La Russie de A à Z : listes, classements, inventaires, autres catalogues et dictionnaires.
Au sens étroit, nous aimerions attirer l’attention sur les publications qui sont généralement considérées comme « transparentes » et qui échappent au regard critique des chercheur.e.s : ce sont les notes, commentaires, additions, exégèses historiques, inventaires, catalogues, dictionnaires, etc. Leur portée est sous-estimée alors que la « mise en marge » des informations dans les notes de bas de page, par exemple, peut être expliquée non seulement par le caractère complémentaire des informations, mais également par la difficulté d’introduire certaines données importantes dans l’espace public. Bien que l’attention ne se porte guère sur ces différents types de textes reçus a priori comme scientifiquement fondés, incontestables parce qu’émanant d’institutions respectables, telles que les bibliothèques, les archives, les cinémathèques, les musées, les galeries, les collections, etc., ils ne sont cependant pas neutres. Ces institutions ont certes pour but de susciter la curiosité, d’informer, de garder les traces, mais, ce faisant, elles prennent également une forme de contrôle sur la « réalité ». Nous proposons d’étudier ces textes écrits « à propos de » en effectuant un tournant réflexif : comment sont-ils organisés et que peuvent-ils nous révéler sur l’histoire des institutions mentionnées et, plus généralement, sur le fonctionnement de la société ?

Au sens large, notre thématique suggère de s’intéresser aux listes, classements, énumérations ainsi qu’à leur utilisation dans diverses disciplines. On constate, bien évidemment, leur présence massive dans tous les domaines de recherche, à tel point qu’en établir la liste relève de la gageure. C’est pourquoi nous ne donnerons ici que quelques directions potentielles de réflexion.
Pour les géographes, la classification du territoire russe, représente, depuis toujours, beaucoup de difficultés. Se fixant sur le présent, plusieurs questions surgissent : quelle est la place du pays dans le monde globalisé et dans les multiples hiérarchies et oppositions (pays développés, en voie de développement, arriérés ; Sud et Nord, Est et Ouest, démocratie et autoritarisme, etc.). ? Quelle est le rôle du global et du local dans la vie russe actuelle, comment s’articulent les relations entre les non-lieux (Marc Augé) et les lieux-mémoire (Pierre Nora) ? Quelles sont les nouvelles sources de listes et de classement dans les espaces virtuels à l’époque des flux continus d’informations ?
Les historien.ne.s pourront facilement trouver toute sorte de classifications et d’énumérations à étudier en commençant par la liste des peuples slaves dans la Chronique des temps passés. A titre d’exemple, il est possible de prendre comme point de départ les réflexions sur les notions d’ordre et de désordre ainsi que leur appréhension en Russie et ailleurs. La Russie contemporaine est souvent qualifiée de perturbatrice de « l’ordre » mondial, alors que sa population montre un fort attachement pour « l’ordre » qui se traduit par le caractère de plus en plus autoritaire du gouvernement russe. En se tournant vers des questions plus précises, il est possible, par exemple, d’évoquer les listes noires que la Russie échange souvent avec d’autres pays. Les énumérations de choses prohibées sont multiples dans l’histoire russe, d’où la possibilité de classer des « absences » : de quelle manière exclut-on, dans la vie sociale et les récits historiques, les représentant.e.s des différentes minorités, d’opposition politique ou de mouvements culturels alternatifs ?
Les bibliothèques, les archives, les musées et les personnages qui leur sont liés (archivistes, antiquaires, collectionneurs…) inspirent nombre d’écrivain.e.s surtout dans la littérature contemporaine surchargée par des références multiples. On se souvient, par exemple, du Catalogue du conceptualiste Lev Rubinstein ou bien de l’alphabet utilisé pour donner des titres aux chapitres de Slynx de Tatiana Tolstaja. Pour les spécialistes de la littérature russe, Il serait intéressant d’étudier des descriptions et des énumérations de divers objets susceptibles de créer « l’effet de réel » dans un texte. D’autre part, il est possible de travailler sur des questions plus « matérielles » : les bibliothèques et les archives d’écrivain.e.s, les versions des textes canoniques et la genèse d’œuvres littéraires, l’histoire de publications, l’utilisation de dictionnaires dans le travail créateur, etc.
Comment classer les intrus ? Cette question peut attirer l’attention des historien.ne.s du cinéma. Quelle est la place dans les films européens des émigrés russes (de langue russe) et des étrangers (de langues étrangères) dans les films russes ? Comment comprendre, par exemple, l’affirmation de l’héroïne de Pedro Almodovar dans l’intrigue onirique de Volver : elle retrouve sa mère ressuscitée et lui propose de se présenter en tant que Russe car, dit-elle, « les Russes sont comme nous ». Comment classer, par ailleurs, le personnage de la princesse persane dans le « désordre joyeux » de Sten’ka Razin, premier filme russe de fiction ? D’autres pistes sont aussi envisageables, comme par exemple, l’influence de la « pensée sérielle » sur la production cinématographique russe ou la typologie des silences.
Du point de vue de la philosophie et de l’histoire des sciences, il est possible de se pencher sur la question de la présentation (classification) de différentes informations sur la Russie dans des dictionnaires, encyclopédies et autres ouvrages de référence (manuels, programmes universitaires…) écrits dans le pays et ailleurs à des époques différentes. Quand apparaissent les ordres de présentations alphabétique, chronologique, thématique, métaphorique et autres ? Comment se justifient-ils ou pourquoi sont-ils utilisés ?
Les linguistes trouveront facilement leur place dans la thématique proposée car les listes, les classifications, les dictionnaires font partie intégrante de leurs travaux de recherche. Une question linguistique sur les instances énonciatives nous semble néanmoins très importante pour notre problématique. Comme on vient de le voir, l’appréhension de l’idée d’ordre dépend du point de vue de celui qui prend la parole. D’où parle-t-on lorsqu’on crée des inventaires, des catalogues, des listes, des classifications ? Cette question fondamentale sur l’instance énonciative réunit, finalement, les visions étroite et large de la thématique proposée pour les Doctoriales 2022.
Les fonctions des listes, des classifications, des inventaires sont très différentes (informer, mémoriser, canoniser, impressionner, interdire, dénoncer, blâmer, mais aussi divertir, jouer ou encore inspirer des nouvelles idées). Nous espérons que cette liste ouverte de pistes de réflexion suscitera l’intérêt les doctorants et leur permettra de proposer une lecture originale du sujet.

Modalités et contacts :

Date : jeudi 2 et vendredi 3 juin 2022
Lieu : salle des conférences, MSHS, Université de Poitiers
Langues de travail : français, russe ; d’autres langues peuvent être exceptionnellement acceptées

Comité d’organisation :

Sanja Boskovic, maîtresse de conférences, HDR, Université de Poitiers
Olga Clément, doctorante, Université de Poitiers
Galina Subbotina, maîtresse de conférences, Université de Poitiers, membre du CA de l’AFR

Comité scientifique :

Sanja Boskovic, maîtresse de conférences, HDR, Université de Poitiers
Philippe Comte, maître de conférences, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, membre du CA de l’AFR
Evelyne Enderlein, maîtresse de conférences honoraire, HDR, Université de Strasbourg, vice-présidente de l’AFR
Catherine Géry, professeure des universités, INALCO
Régis Gayraud, professeur des universités, Université Clermont Auvergne
Armelle Groppo, maîtresse de conférences honoraire, Université Paris Nanterre, membre du CA de l’AFR
Hélène Mélat, maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches, Sorbonne université
Serge Rolet, professeur des universités, Université de Lille
Galina Subbotina, maîtresse de conférences, Université de Poitiers, membre du CA de l’AFR

Email : galina.subbotina@univ-poitiers.fr

Date limite d’envoi des propositions : Les doctorant.e.s et jeunes chercheur.se.s désirant participer aux doctoriales sont prié.e.s d’envoyer leur proposition de communication (texte de 3000 signes environ, accompagné d’un bref CV) avant le 1 octobre 2021.

Financements : Les frais de logement des doctorant.e.s dans les résidences universitaires retenues par les organisateurs seront pris en charge par l’AFR. Une demande de soutien pour le financement des repas des participant.e.s est en cours auprès des laboratoires MIMMOC et FORELLIS ainsi qu’auprès de l’UFR des Lettres et Langues de l’Université de Poitiers et la MSHS de Poitiers.
Attention : les frais de déplacement seront à la charge des participant(e)s ou de leurs laboratoires.



Le lac Seliguer, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004.


Éditeur du site : Association Française des Russisants
Directeur de publication : Armelle Groppo, Présidente de l'AFR
Webmestre : Sylvette Soulié