Isba - Krasnoïarsk - Photo : Elena Jourdan La Moscova à Moscou, monument à Pierre le Grand de Tsérétéli. Photo Philippe Comte, été 2004. Le monastère de Torjok, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. Paysage typique - Sibérie- Photo : Elena Jourdan Krasnoïarsk - Parc naturel "Stolby" - Photo : Elena Jourdan Le lac Seliguer, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. Isba - village de Koultouk - lac Baïkal - Photo : Elena Jourdan La Moscova et la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou, depuis le parc Gorki. Photo Philippe Comte, été 2004. Paysage de Khakassie - Photo : Elena Jourdan Entre Moscou et l'Oural, vue du train. Photo Philippe Comte, été 2004. Un village dans la région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004.
Lac Baïkal - île d'Olkhon - Photo : Elena Jourdan Irkoutsk - Photo : Elena Jourdan "Na prestole" (fresque) - Exposition au monastère Novodevitchi, Moscou - Photo : Elena Jourdan La place centrale de Torjok, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. Lac Baïkal : lieu chamanique sur l'île d'Olkhon - Photo : Elena Jourdan La tombe de Chaliapine - Cimetière du monastère Novodevitchi, Moscou - Photo : Elena Jourdan La source de la Volga, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. Un lac dans les Sayans - Photo : Elena Jourdan Une église dans la région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. Isba - Irkoutsk - Photo : Elena Jourdan Lors du concours de lutte traditionnelle "hourej", dans la République de Touva - Photo : Elena Jourdan

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La Revue russe 57 - Résumés des articles

dimanche 2 janvier 2022, par Richard Brunet

La Russie : tournant(s) vers la Chine
 d’hier à aujourd’hui
sous la direction de Dany Savelli et Anna Zaytseva



Natalia Platonova

Les caravanes russes à Pékin au XVIIIe siècle

Avec la conclusion du traité de Nertchinsk en 1689 puis de celui de Kiakhta en 1728, la Russie et l’Empire des Qing inaugurèrent des relations diplomatiques et commerciales. Le tsar Pierre Ier prit alors l’initiative d’établir un trafic caravanier continental reliant les capitales des deux vastes empires. En dépit des péripéties des relations russo-chinoises, de la gestion complexe et des risques que comportait l’acheminement des cargaisons à travers toute la Sibérie, les autorités russes parvinrent à expédier vers Pékin seize grandes caravanes entre 1698 et 1755. Ces expéditions s’effectuèrent au bénéfice de la Couronne qui détint le monopole absolu sur les échanges avec l’Empire des Qing jusqu’en 1762. Dans cet article, nous nous proposons de donner un éclairage particulier sur les activités des caravanes, les acteurs qui y furent impliqués et leurs résultats, ce qui permet de mieux comprendre la nature spécifique de ce commerce. Du fait du rôle non négligeable que les caravanes jouèrent dans l’établissement des relations économiques sino-russes, elles se révélèrent aussi une expérience humaine et interculturelle inédite dans l’histoire des deux pays.


Vladimir Datsychen

Le rôle du thé dans les relations entre l’Empire russe 
et l’Empire des Qing dans la seconde moitié du XIXe siècle

L’article porte sur l’histoire du commerce du thé entre la Chine et la Russie dans la seconde moitié du XIXe siècle Les problèmes qu’il engendra sont étudiés sur le fond des relations qu’entretenaient les deux pays. L’article montre qu’à cette époque ce commerce conditionnait toutes leurs relations économiques et commerciales, qu’il eut une influence primordiale sur la politique russe en Extrême-Orient, qu’il fut la base matérielle d’interactions culturelles. L’importation de thé représenta jusqu’à 90 % de l’ensemble du commerce russo-chinois. Elle pesait en permanence sur les relations bilatérales. C’est ce commerce qui a assuré des relations relativement harmonieuses entre les deux peuples pendant la seconde moitié du XIXe siècle, c’est lui qui les modifia fondamentalement à cette époque. Son énorme déséquilibre fut la cause des changements radicaux qu’elles connurent à la charnière des XIXe et XXe siècles.


Vanessa Teilhet

L’image des Russes et de la Russie dans les «  romans sociaux  » 
au tournant du XXe siècle en Chine.

Au tournant du XXe siècle, en Chine, le règne de la dynastie Qing arrive à sa fin (1644-1911). Le pays, affaibli par de graves problèmes internes, subit simultanément la présence impérialiste de nombreuses puissances étrangères sur son sol, dont celle de la Russie. Chez certains intellectuels, le roman est alors perçu comme l’unique genre littéraire à même de contribuer au salut de la Chine. Se popularisent des romans dits «  sociaux  » [shehui xiaoshuo], publiés sous forme de feuilletons, qui seront ensuite connus sous le nom de «  romans de dénonciation  » [qianze xiaoshuo]. Ils font explicitement référence aux problèmes contemporains à leur publication, d’ordres politique, social et moral. La Russie, selon qu’elle est tsariste ou révolutionnaire (avant 1905), apparaît respectivement comme une des causes de ces problèmes ou comme une source de solutions. Nous procédons dans cet article à un relevé systématique dans ce corpus des termes utilisés en Chine au tournant du XXe siècle, relatifs à la Russie et aux Russes, dans la langue vernaculaire moderne. Nous nous intéressons également à la valeur littéraire des images et des stéréotypes véhiculés, ainsi qu’au traitement des personnages russes.


Pierre Grosser

L’Union soviétique et la Seconde Guerre mondiale en Asie (1937-1945)

L’histoire de la Grande Guerre Patriotique (22 juin 1941 – 9 mai 1945), placée de nouveau au cœur de l’identité russe aujourd’hui, n’inclut guère la question de l’Asie. Or, l’Union soviétique a, d’une certaine façon, mené une guerre défensive en Asie à partir de l’été 1937, face aux ambitions japonaises. Des combats directs ont même eu lieu, notamment en 1939, au moment même où Moscou négociait le pacte germano-soviétique. La crainte de l’encerclement par l’Allemagne et le Japon est permanente dans l’esprit de Staline. La guerre européenne (commencée en 1939) et la guerre asiatique (qui débute en 1931) auraient p. être reliées en juin 1941 (et non en décembre), si le Japon avait attaqué l’Union Soviétique durant l’été 1941. De 1939 à 1941, les incertitudes sont nombreuses sur les futurs alignements diplomatiques. Le Japon a une place centrale, avec la signature en avril 1941 du traité de neutralité nippo-soviétique. À partir de 1943-44, Staline devient plus offensif sur cette partie de l’espace eurasiatique, pour obtenir certains territoires, et constituer un glacis de protection. C’est pour cela qu’il mène une grande offensive contre le Japon, lancée le 9 août 1945. L’Union soviétique participe donc activement à la mise en place de l’ordre asiatique surgi de la capitulation du Japon, et de la disparition de son empire.


Mariia Guleva

Amitié sino-soviétique et ennemis communs 
dans les dessins de Krokodil et Manhua des années 1950

Les années 1950 sont généralement considérées comme une période d’amitié étroite entre l’URSS et la RPC. Cependant, une étude plus approfondie de cette décennie montre que dès cette époque, il existait des divergences au niveau de l’État, du parti et même de la population. À cet égard, il est intéressant d’analyser les publications soviétique et chinoise visant à affirmer une image réciproque positive des deux populations. Les revues essentiellement satiriques Krokodil et Manhua permettent de retracer la dynamique des relations bilatérales et des phénomènes connexes, car elles ont paru régulièrement au cours de ces années 1950 et ont publié des dessins qui exprimaient la vision officielle des événements sous une forme compacte. Cet article rend compte des images de l’amitié sino-soviétique des années 1950 dans le contexte des événements de la Guerre froide et de la volonté des deux gouvernements de souligner l’unité du camp socialiste. Malgré la similitude générale de ces images, de nombreux détails diffèrent, reflétant les profondes différences entre les partis communistes de l’URSS et de la RPC. La confrontation des images montre également à quelles méthodes les propagandes soviétiques et chinoises ont eu recours pour renforcer l’impression de proximité entre les deux pays.


Alain Roux

Les relations russo-chinoises actuelles :
 une ambivalence qui vient de loin

Ce n’est que dans les dernières décennies du xxe siècle que la longue frontière entre la Chine et la Russie, modifiée au détriment de cette dernière au siècle précédent, a été stabilisée. Dans ce nouveau contexte, une solide convergence stratégique entre les deux pays s’est développée face à l’agressivité des États-Unis à leur encontre. Toutefois, la persistance d’anciennes divergences entre la Chine et la Russie, renforcées par de nouvelles, rend improbable la formation d’une alliance eurasienne. L’Union européenne pourrait interférer dans ce contexte.


Isabelle Facon

La relation avec la Chine vue de Russie :
 une réflexion sur soi-même ?

Dans l’après-guerre froide, tandis que les autorités russes développaient de manière significative les relations avec Pékin, les transformant en «  partenariat stratégique  », des inquiétudes s’exprimaient dans la presse, la communauté scientifique et la population quant à l’avenir de ce partenariat de plus en plus déséquilibré au profit de la RPC et quant aux risques qu’il comportait pour la Russie. Après la crise ukrainienne, qui a fortement réduit les options politiques et économiques de Moscou dans ses relations avec l’Occident, le pouvoir russe met l’accent sur ce partenariat, qui s’accélère et se densifie. La population semble suivre tandis que le débat sur le bien-fondé de ces choix stratégiques a pris de nouvelles orientations.


Julie Gerber – Semion Jarinov

Un rêve chinois pour la Russie : l’image géopolitique de la Chine dans le néo-eurasisme d’Alexandre Douguine

Cet article examine l’interprétation géopolitique de la Chine dans les travaux du philosophe et politologue néo-eurasiste russe Alexandre Douguine. Les différentes étapes de l’évolution de cette interprétation y sont explicitées dans le contexte de la construction de «  l’empire eurasien  » et du «  monde multipolaire  » qu’il appelle de ses vœux. Ce travail s’appuie sur des analyses de ses travaux géopolitiques ainsi que sur ses entretiens et ses interventions. De la seconde moitié des années 1990 à nos jours, l’image de la Chine dans le discours géopolitique de Douguine est passée d’un extrême à l’autre, du très négatif au très positif. D’abord considérée comme un agent de «  l’atlantisme  », la Chine a ensuite été perçue comme le principal allié eurasien de la Russie. Aujourd’hui, en tant que modèle d’un État «  conservateur révolutionnaire autoritaire  » et d’un «  capitalisme éthique  », elle est érigée comme le principal opposant d’un monde unipolaire ayant pour leader les États-Unis.



Une église dans la région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004.


Éditeur du site : Association Française des Russisants
Directeur de publication : Sylvette Soulié, Présidente de l'AFR
Webmestre : Sylvette Soulié