Le monastère de Torjok, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. "Na prestole" (fresque) - Exposition au monastère Novodevitchi, Moscou - Photo : Elena Jourdan Lac Baïkal : lieu chamanique sur l'île d'Olkhon - Photo : Elena Jourdan Krasnoïarsk - Parc naturel "Stolby" - Photo : Elena Jourdan Lac Baïkal - île d'Olkhon - Photo : Elena Jourdan Isba - village de Koultouk - lac Baïkal - Photo : Elena Jourdan Isba restaurée - Irkoutsk - Photo : Elena Jourdan Irkoutsk - Photo : Elena Jourdan La place centrale de Torjok, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. Entre Moscou et l'Oural, vue du train. Photo Philippe Comte, été 2004. La Moscova à Moscou, monument à Pierre le Grand de Tsérétéli. Photo Philippe Comte, été 2004.
Le cours du Ienissï, dans les monts Sayans - Photo : Elena Jourdan Un lac dans les Sayans - Photo : Elena Jourdan La source de la Volga, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. La Moscova et la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou, depuis le parc Gorki. Photo Philippe Comte, été 2004. Près d'Ekatérinbourg, le mémorial à la famille impériale. Photo Elena Jourdan Une église dans la région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. La tombe de Chaliapine - Cimetière du monastère Novodevitchi, Moscou - Photo : Elena Jourdan Isba - Krasnoïarsk - Photo : Elena Jourdan Isba - Irkoutsk - Photo : Elena Jourdan Le lac Seliguer, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004. Un village dans la région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004.

Accueil > Ressources et informations > La langue russe en France et dans le monde > Note de synthèse sur la situation du russe en France

Note de synthèse sur la situation du russe en France

jeudi 2 octobre 2008, par Elena Jourdan

Note adressée par l’AFR à Monsieur Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale (remise le 8 octobre 2007), sur la situation du russe en France, suivie des propositions de l’AFR.



SITUATION DU RUSSE
ET PROPOSITIONS DE L’ASSOCIATION FRANCAISE DES RUSSISANTS


I. Situation du russe :

Nombre d’élèves :

- Un peu moins de 15 000 élèves apprennent le russe dans l’enseignement secondaire (public et privé), ce qui fait du russe la cinquième langue étudiée dans notre système éducatif.

- Le russe est implanté dans 121 collèges et 304 lycées.

- En dix ans (1991 – 2002), le russe a perdu la moitié de ses effectifs.

- Depuis 2002, on observe une très légère remontée des effectifs, de 3% environ par an.

Le corps enseignant :

- Le russe est enseigné par un peu plus de 300 professeurs (agrégés, certifiés et contractuels). Leur moyenne d’âge est de 53 ans, un tiers d’entre eux a plus de 55 ans, plus des deux tiers a plus de 50 ans.

- La moitié des professeurs de russe va partir à la retraite dans les cinq ans qui viennent. La décision prise, à partir de la session 2005, de n’ouvrir les concours de recrutement CAPES et Agrégation que tous les deux ans, interdit d’assurer la relève. Plusieurs académies ne possèdent aucune réserve et ne seront pas en mesure de faire face aux départs en retraite des prochaines années. Des classes de russe parfaitement « viables » se retrouvent et vont se retrouver de plus en plus sans professeurs.


II. La place de la Russie en Europe et dans le monde,
l’état des relations franco-russes et l’intérêt de la France :

Cette évolution et les mesures prises par le ministère en 2005 sont en contradiction criante avec plusieurs facteurs objectifs :

- La langue russe, avec environ 200 millions de russophones, est la première langue parlée en Europe et l’une des grandes langues du monde. Elle fait partie des six langues officielles de l’ONU et des trois langues de travail de l’ONU avec l’anglais et l’espagnol.

- Elle occupe la quatrième position dans le classement des langues étrangères les plus utilisées à l’export par les PMI européennes, devant l’espagnol. La connaissance du russe est non seulement utile en affaires en Russie même, dans les Etats voisins issus de l’éclatement de l’URSS, mais aussi dans les pays d’Europe orientale.

- 700 entreprises françaises sont implantées en Russie et dans les pays voisins : leurs patrons et cadres expatriés ont besoin de connaître le russe pour conduire leurs affaires et les faire prospérer. L’anglais ne suffit pas.

- En outre, la plupart de ces entreprises expliquent avoir rencontré des difficultés d’ordre culturel : connaître la langue étrangère ne suffit pas. Il faut aussi connaître la culture du pays d’accueil, sa mentalité, ses valeurs, son mode de pensée et de fonctionnement.

- Les relations culturelles, institutionnelles, scientifiques et personnelles se développent entre la France et la Russie. De plus en plus de touristes russes visitent notre pays et l’hôtellerie, la restauration, le commerce ont de plus en plus besoin de personnel connaissant le russe. L’UNESCO, de grandes institutions internationales manquent d’ores et déjà d’interprètes français-russe.

- La Russie connaît depuis fin 1999 un redressement économique et social continu et important. Elle travaille à retrouver son statut de grande puissance sur la scène internationale, ce dont témoignent ses récentes initiatives officielles dans plusieurs domaines : politique énergétique, investissements russes dans de grands groupes occidentaux, vols de super-bombardiers stratégiques, explosion réussie d’une nouvelle bombe de très grande puissance, politique d’alliances régionales, etc. Il est de l’intérêt de la France de disposer de spécialistes capables d’assurer une « veille » permanente et indépendante de l’évolution de la politique internationale et intérieure de la Russie. En effet, un pays comme la France ne peut en la matière s’en remettre à la vision proposée par les Etats-Unis d’Amérique, dont les intérêts stratégiques ne coïncident pas forcément avec les siens. Cette tâche nécessite impérativement la connaissance du russe.

- Enfin, la connaissance d’une grande culture qui a marqué profondément l’histoire de l’Europe ne peut être qu’enrichissante pour les jeunes Français. La langue russe est très formatrice pour l’esprit et le monde russe peut les faire rêver.


III. Les propositions de l’Association Française des Russisants :

Pour toutes ces raisons, et alors que l’ONU a décidé de faire de 2008 l’année mondiale des langues et du multilinguisme, nous vous demandons, Monsieur le Ministre, de prendre les mesures qui s’imposent pour assurer au russe dans l’enseignement secondaire la place qui correspond d’une part à la nouvelle situation décrite ci-dessus et d’autre part à une authentique diversification des langues. Plus précisément :

- Porter les postes mis au concours externe du CAPES à 5 (cinq) chaque année.

- Porter les postes mis au concours externe de l’Agrégation à 3 (trois) chaque année.

- Ouvrir à nouveau l’Agrégation et le CAPES internes de russe, dont la fermeture il y a trois ans pénalise lourdement les professeurs de russe en les privant d’avancement interne.

- Inciter les recteurs d’académies à soutenir les efforts que prodiguent les professeurs de russe pour promouvoir leur discipline.

- Encourager les chefs d’établissements à parier sur un regain de demande de la part des élèves et des familles et donc à maintenir les postes de russe.

- Prendre toutes mesures avec nos interlocuteurs russes qui facilitent les voyages et échanges scolaires.


Pour l’Association Française des Russisants,
Le Président, Philippe Comte


Pièces jointes à la note de synthèse :

  1. Présentation de l’Association Française des Russisant (2 pages)
  2. « Les langues dans le monde » : extraits d’International Herald Tribune et Euronews (février 2007)(1 page)
  3. « Pourquoi apprendre le russe », Editions L’Etudiant, 2006.


La source de la Volga, région de Tver. Photo Philippe Comte, été (...)


Éditeur du site : Association Française des Russisants
Directeur de publication : Armelle Groppo, Présidente de l'AFR
Webmestre : Sylvette Soulié