Une église dans la région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004.
Le lac Seliguer, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004.
Isba - Krasnoïarsk - Photo : Elena Jourdan
Isba - Irkoutsk - Photo : Elena Jourdan
La place centrale de Torjok, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004.
Près d'Ekatérinbourg, le mémorial à la famille impériale. Photo Elena Jourdan
"Entrée dans Jérusalem" (fresque) - Exposition au monastère Novodevitchi, Moscou - Photo : Elena Jourdan
Paysage de Khakassie - Photo : Elena Jourdan
Irkoutsk - Photo : Elena Jourdan
La tombe de Chaliapine - Cimetière du monastère Novodevitchi, Moscou - Photo : Elena Jourdan
Le cours du Ienissï, dans les monts Sayans - Photo : Elena Jourdan
Krasnoïarsk - Parc naturel "Stolby" - Photo : Elena Jourdan
Entre Moscou et l'Oural, vue du train. Photo Philippe Comte, été 2004.
Isba - village de Koultouk - lac Baïkal - Photo : Elena Jourdan
La Moscova et la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou, depuis le parc Gorki. Photo Philippe Comte, été 2004.
La Moscova à Moscou, monument à Pierre le Grand de Tsérétéli. Photo Philippe Comte, été 2004.
Un lac dans les Sayans - Photo : Elena Jourdan
Lac Baïkal - île d'Olkhon - Photo : Elena Jourdan
Paysage typique - Sibérie- Photo : Elena Jourdan
Un village dans la région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004.
Le monastère de Torjok, région de Tver. Photo Philippe Comte, été 2004.
Isba restaurée - Irkoutsk - Photo : Elena Jourdan

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Lettre du président de l’AFR au Directeur de l’Ecole Polytechnique, au sujet de la suppression du russe au concours d’entrée à l’X-ENS-ESPCI, datée du 03/12/2010

lundi 13 décembre 2010, par Elena Jourdan


NB : Une lettre identique a été adressée aux ministres de la Défense et de l’Enseignement supérieur et de la recherche.


Paris, vendredi 3 décembre 2010
Philippe Comte, Président

Monsieur le Directeur de l’Ecole Polytechnique
Route de Saclay
91128 PALAISEAU CEDEX

L’Association Française des Russisants, association et société savante qui regroupe la grande majorité des professeurs de russe et enseignants-chercheurs sur le monde russe, a pris connaissance du document intitulé « Banque d’épreuves X-ENS-ESPCI », qui fixe les modalités des épreuves communes pour les concours d’admission à cinq grandes écoles scientifiques.

Elle constate deux modifications qui, selon ce document, affecteront les épreuves de langues vivantes à partir de 2012. Aux épreuves d’admissibilité, le choix des langues est réduit. Seules sont conservées trois langues européennes (anglais, espagnol et allemand) ainsi que l’arabe et le chinois. L’italien, le portugais et le russe, encore présents aux épreuves des concours 2011, sont ensuite écartés. A partir de 2012 également, la seconde langue est supprimée aux épreuves d’admission. Cela entraîne la disparition du japonais qui pouvait être choisi pour les épreuves orales et une diminution globale du poids de l’ensemble des langues vivantes dans ces concours.

En ce qui concerne le russe (comme d’ailleurs pour le portugais et l’italien mais pour d’autres raisons), cette décision de suppression a de quoi surprendre. Elle aurait pu à la rigueur se comprendre à l’époque soviétique, où les échanges de la France avec l’URSS sur les plans économique, commercial et culturel étaient relativement limités. En revanche, depuis la chute du régime communiste en 1991, en presque vingt ans, ce sont plus de 700 entreprises françaises qui se sont implantées en Russie et y prospèrent et les échanges culturels, linguistiques, personnels ont connu un essor considérable, à la faveur de l’ouverture des frontières de ce pays autrefois très fermé. Par ailleurs, que seraient la culture et la science européennes sans l’apport des grands créateurs et scientifiques russes des XIX et XX siècles ?

Il est de bon ton actuellement, parmi certains responsables de notre pays, de passer la Russie par pertes et profits, sous prétexte de déclin démographique. Comme si la France n’avait pas connu, elle aussi, des périodes difficiles ! C’est aller un peu vite en besogne et faire peu de cas d’une part du passé de ce peuple, qui a établi un immense empire continental en deux siècles avec seulement 50 millions d’habitants, et d’autre part de la capacité de rebond d’une population dynamique, dotée d’un grand potentiel, heureuse de retrouver une certaine aisance grâce au passage progressif et hésitant certes, mais bien réel, à l’économie de marché, d’un peuple qui, faut-il le rappeler, a été capable d’abattre le nazisme en dépit des crimes et des erreurs tragiques du tyran qui le gouvernait, alors que la France, elle, dans sa grande majorité, s’était résignée à l’armistice de 1940.

Alors qu’en Russie même, la langue française est en train de reconquérir de hautes positions et reste un marqueur élitiste très demandé par les étudiants, cette décision de suppression du russe au concours d’entrée à l’X-ENS-ESPCI nous semble purement conjoncturelle et relever d’une logique bassement comptable, qui n’est pas digne d’une école aussi prestigieuse que celle que vous dirigez.

Pour toutes ces raisons, je vous demande, au nom de la communauté des russisants français, de revenir sur votre décision et de rétablir le russe dans ses positions antérieures.

Je vous remercie pour votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de ma respectueuse considération.

Philippe Comte
Président de l’Association Française des Russisants
Docteur en Etudes Slaves de l’Université Paris Sorbonne
Maître de conférences de langue et civilisation russes contemporaines à l’université Paris I Panthéon Sorbonne



Un lac dans les Sayans - Photo : Elena Jourdan


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